Cancer de l’ovaire

Les ovaires sont deux organes de la forme et de la taille d’une amande, situés dans le bassin, de chaque côté de l’utérus. Ils font partie de l’appareil reproducteur de la femme, avec pour fonctions principales la production des ovules et d’hormones impliquées dans la régulation de la reproduction et le développement des caractères sexuels.

Chaque mois, chez les femmes en âge de procréer, l’un des ovaires libère un ovule, qui est ensuite acheminé vers l’utérus, par les trompes de Fallope. Si l’ovule est fécondé, le fœtus se nide à l’intérieur de l’utérus pour y continuer son développement. S’il n’est pas fécondé, il est expulsé avec le flux menstruel, lors des règles.

Les hormones produites par les ovaires (principalement les œstrogènes et la progestérone), sont à l’origine du développement des seins, de la transformation de la silhouette, de la voix et de l’épaisseur des cheveux au moment de la puberté. De plus, ces hormones sexuelles contrôlent le cycle menstruel, permettent la grossesse et préparent les glandes mammaires à l’allaitement.

Au fur et à mesure que la femme vieillit, les ovaires produisent de moins en moins d’hormones et ses cycles menstruels finissent par s’arrêter.
C’est la ménopause.

Ovaires : types de cellules et cancers

Les ovaires sont constitués de trois différents types de cellules :

    • Les cellules épithéliales, qui forment la couche externe des ovaires ;
    • Les follicules ovariens (cellules germinales), situés sous les cellules épithéliales et à partir desquels les ovules sont fabriqués ;
    • Les cellules du stroma, un tissu conjonctif qui remplit l’intérieur des ovaires et les cordons sexuels, qui font le lien entre le corps de l’ovaire et la surface épithéliale.

Chaque ovaire est entouré d’une mince couche de tissu appelée capsule.
Un cancer de l’ovaire survient lorsque des cellules de l’ovaire, initialement normales, se transforment et se multiplient de façon anarchique, jusqu’à former une tumeur maligne.
Dans près de 9 cas sur 10, le cancer de l’ovaire se développe à partir des cellules épithéliales. On parle d’adénocarcinome. D’autres formes de cancers peuvent se développer à partir des follicules ovariens (tumeurs germinales malignes) ou du tissu de soutien qui forme le corps des ovaires (tumeurs du stroma et des cordons sexuels).
Ces cancers sont rares et leur prise en charge est particulière. Des (tumeurs dites frontière, ou borderline), c'est-à-dire à la limite entre tumeurs bénignes (non cancéreuses) et tumeurs malignes (cancéreuses) sont également possibles.

Comment le cancer de l’ovaire se développe-t-il ?

Lorsqu’un cancer apparaît sur l’un des deux ovaires, les cellules cancéreuses sont d’abord peu nombreuses et localisées dans l’enveloppe externe de l’ovaire (au niveau de l’épithélium). Au fur et à mesure que les cellules cancéreuses se multiplient, la tumeur grossit et risque de rompre la capsule qui entoure l’ovaire. Des cellules cancéreuses s’échappent alors dans le bassin et peuvent envahir les organes voisins : l’autre ovaire s’il n’était pas atteint, les trompes de Fallope, l’utérus, la vessie, le rectum. On parle d’extension pelvienne ou locorégionale. Petit à petit, les cellules cancéreuses peuvent ensuite s’étendre au-delà du bassin et atteindre le péritoine, membrane qui entoure les organes de l’abdomen, ou les ganglions lymphatiques situés dans l’abdomen. On parle alors de métastases régionales. Enfin, si aucun traitement n’est entrepris, le cancer risque de se propager à des organes éloignés, comme le foie ou les poumons, en empruntant les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. On parle alors de métastases à distance.

Le cancer de l’ovaire provoque peu de symptômes. De ce fait, il est souvent diagnostiqué de façon tardive, lorsque des cellules cancéreuses ont atteint d’autres organes du bassin. Néanmoins, quelques symptômes peuvent être révélateurs, notamment tout signe abdominal anormal que ce soit une gêne, une pesanteur ou une constipation, d’apparition récente et durant depuis plus de un mois. Au moment du diagnostic et après la chirurgie, les médecins étudient précisément l’étendue du cancer afin de déterminer son stade et de vous proposer le ou les traitements les mieux adaptés.

 

Quelques chiffres sur le cancer de l’ovaire

Le cancer de l’ovaire concerne environ 4 400 personnes par an. C’est le 7ème cancer le plus fréquent chez la femme. Il apparaît le plus souvent après la ménopause. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 65 ans.

Dans environ 1 cas sur 10, le cancer de l’ovaire a une cause génétique. Une consultation d’oncogénétique est proposée à toutes les femmes de moins de 70 ans atteintes d’un cancer de l’ovaire, afin de rechercher une éventuelle cause génétique du cancer.

Le stade du cancer correspond à son degré d’extension dans l’organisme. Un cancer de stade précoce correspond à un cancer localisé, tandis qu’un cancer de stade avancé correspond à un cancer qui s’est étendu à plusieurs organes du corps.

Lorsqu’un cancer est diagnostiqué, il est essentiel de connaître son stade pour déterminer quels traitements seront les plus appropriés.

Pour déterminer le stade du cancer de l’ovaire, les médecins prennent en compte :

  • La localisation précise de la tumeur et son étendue ;
  • L’atteinte ou non des organes voisins, du péritoine et des ganglions lymphatiques du bassin (métastases régionales) et la taille de ces métastases ;
  • La présence ou non de métastases dans d’autres parties du corps (métastases à distance).

Quelques chiffres sur le cancer de l’ovaire

En fonction de ces différents critères, le cancer est ensuite classé dans l’un des 4 stades définis par la Fédération Internationale de Gynécologie Obstétrique (FIGO). Ces stades sont numérotés de I à IV.
Chaque stade est décomposé en plusieurs sous-parties (A, B et C), qui apportent des précisions sur l’étendue du cancer.

Les stades I et II sont considérés comme précoces

Stades I - Le cancer est limité aux ovaires
Stade IA - Le cancer est limité à un seul ovaire et reste contenu à l’intérieur.
Stade IB - Le cancer atteint les deux ovaires et reste contenu à l’intérieur.
Stade IC - Le cancer touche un ou les deux ovaires, mais la tumeur peut avoir traversé la capsule ovarienne ou s'être propagée à la surface de l'ovaire. On retrouve des cellules cancéreuses dans le liquide de l’abdomen.

Stades II - La tumeur s’est étendue localement, aux organes du bassin (organes pelviens : l’utérus, les trompes de Fallope, la vessie…).
Stade IIA - La tumeur s'est propagée à l'utérus ou aux trompes de Fallope. On ne retrouve pas de cellules cancéreuses dans l’abdomen.
Stade IIB - La tumeur s'est propagée à d'autres organes pelviens (vessie, rectum…). On ne retrouve pas de cellules cancéreuses dans l’abdomen.
Stade IIC - La tumeur s'est propagée aux organes pelviens (comme pour les stades IIa ou IIb) ET on retrouve des cellules cancéreuses dans le liquide abdominal.

Les stades III et IV sont des formes avancées du cancer

Stades III - La tumeur s’est étendue au péritoine ou aux ganglions lymphatiques situés dans le bassin (ganglions pelviens). On parle de métastases régionales.
Stade IIIA - Des métastases microscopiques sont découvertes sur le péritoine, lors de l’analyse au microscope réalisée après la chirurgie ou après une biopsie.
Stade IIIB - Les métastases du péritoine mesurent jusqu’à 2 centimètres, mais aucun ganglion pelvien n’est atteint.
Stade IIIC - Certaines métastases du péritoine mesurent plus de 2 cm et/ou le cancer s’est propagé aux ganglions pelviens.

Stade IV - Le cancer s'est propagé vers des organes éloignés : la plèvre (enveloppe des poumons), le foie sous forme de métastases à distance.

Les trois grades du cancer

Le grade du cancer correspond à son degré de malignité, c'est-à-dire à son agressivité. Il est déterminé par l’analyse au microscope de cellules cancéreuses prélevées lors de la chirurgie ou lors d’une biopsie.

En analysant les cellules cancéreuses, les médecins observent la vitesse à laquelle elles se multiplient et leur ressemblance avec des cellules normales :

- plus les cellules cancéreuses se multiplient rapidement (nombre de mitoses), plus elles sont agressives ;

- plus les cellules cancéreuses sont différentes des cellules normales, plus elles sont jugées agressives. Les cellules normales du corps ont chacune des spécificités, qui permettent de différencier une cellule de la peau, d’une cellule osseuse par exemple. Lorsqu’une cellule devient cancéreuse, elle perd peu à peu ses spécificités d’origine. Elle devient indifférenciée, c'est-à-dire qu’on finit par ne plus reconnaître son tissu d’origine. Les cellules cancéreuses qui ressemblent encore à des cellules normales (bien différenciées) sont moins agressives que les cellules cancéreuses indifférenciées.

Il existe trois grades, numérotés de 1 à 3, dans lequel le cancer est ensuite classé en fonction de ces deux critères :

Grade 1

Le grade 1 correspond aux tumeurs les moins agressives, qui se développent lentement et sont bien différenciées ;

 

Grade 2

Le grade 2 est un grade intermédiaire ;

 

Grade 3

Le grade 3 correspond aux tumeurs les plus agressives qui se développent rapidement et présentent un risque élevé de se disséminer dans d’autres parties du corps.

 

Traitement

Le grade du cancer de l’ovaire est déterminant pour le choix d’un traitement complémentaire après la chirurgie, en particulier lorsque le cancer est découvert à un stade précoce.
D’une manière générale :
• La chirurgie est le traitement principal du cancer de l’ovaire. Elle a pour objectif de guérir du cancer en supprimant la totalité de la tumeur. Elle peut être le seul traitement nécessaire si le cancer est détecté à un stade précoce et qu’il paraît peu agressif
• Une chimiothérapie est souvent administrée après la chirurgie, pour éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses restantes et réduire le risque de récidive.
• Dans certains cas, la chimiothérapie peut être réalisée avant la chirurgie, pour réduire la taille de la tumeur et faciliter l’opération.
• Lorsque le cancer est découvert à un stade très avancé, la chimiothérapie peut être le seul traitement utilisé.

Le choix des traitements est réalisé en fonction du stade et du grade du cancer, c'est-à-dire de son étendue et de son degré d’agressivité.

Stade IA et IB de grade 1

Le cancer est limité aux ovaires et n’est pas agressif.
La chirurgie est le seul traitement recommandé. Elle consiste à retirer les ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus.
Chez les femmes jeunes désirant avoir une grossesse, un traitement conservateur peut être discuté : il consiste à n’enlever que l’ovaire atteint et la trompe de Fallope qui lui est liée.  

Stade IA et IB de grade 2

Le cancer est limité aux ovaires est peu agressif
La chirurgie est le traitement principal. Elle consiste à retirer les ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus. Une chimiothérapie peut être discutée mais elle n’est pas toujours nécessaire.

Stade IA et IB de grade 3 et stade IC

Le cancer est limité aux ovaires et est agressif
Le traitement comprend une chirurgie (ablation des ovaires, des trompes de Fallope, de l’utérus), suivie d’une chimiothérapie.

Stades II, quel que soit le grade

le cancer s’est étendu localement, aux organes du bassin Le traitement comprend une chirurgie (ablation des ovaires, des trompes de Fallope, de l’utérus), suivie d’une chimiothérapie.

Stades IIIA et IIIB

Le cancer s’est étendu au péritoine, sous forme de métastases de moins de deux cm de diamètre. Le traitement comprend une chirurgie (ablation des ovaires, des trompes de Fallope, de l’utérus), suivie d’une chimiothérapie.

Stade IIIC

Le cancer s’est étendu au péritoine, sous forme de métastases de plus de deux cm de diamètre ou aux ganglions pelviens Le traitement comprend une chirurgie (ablation des ovaires, des trompes de Fallope, de l’utérus), suivie ou éventuellement précédée d’une chimiothérapie. Une chimiothérapie intrapéritonéale peut être discutée : elle consiste à injecter les médicaments de chimiothérapie directement dans la cavité abdominale, au cours d’une chirurgie. Lorsque le cancer s’est étendu au-delà du péritoine (foie, poumons), la chimiothérapie est le traitement principal. La chirurgie n’est pas systématique. Elle peut être discutée au cas par cas, si le chirurgien pense pouvoir enlever la totalité de la tumeur, ainsi que les métastases.