Sleeve-Gastrectomie

La sleeve gastrectomie est l’intervention la plus pratiquée en France depuis quelques années.

Comment ça marche ?

Le principe de la sleeve gastrectomie est de réduire la capacité de l’estomac et de supprimer la zone de sécrétion d’une hormone qui favorise l’appétit (la ghréline). Cette technique provoque donc une satiété précoce et vous mangerez moins. En pratique, on retire les 2/3 de l’estomac et celui-ci est transformé en tube. Cette opération est très efficace sur la perte de votre excès de poids ce qui peut prendre entre 12 et 18 mois, mais souvent moins.

La perte de poids est de l’ordre de 4 kg par mois, pendant les 6 premiers mois, puis de 2 à 4 kg par mois. Les personnes opérées perdent le plus souvent environ 65 % à 70% de leur excès de poids après 10 ans si elles sont suivies après l’intervention pour modifier leur comportement alimentaire et leur mode de vie.

Pour atteindre votre objectif, il faut cependant respecter les règles alimentaires et renoncer aux grignotages et aux liquides hypercaloriques (sodas...).
Cette intervention est récente (2002) mais finalement est une intervention réalisée depuis plus de 15 ans, ses résultats à long terme (10 ans) commencent à être connus.

Indications

IMC ≥ 40 ou bien IMC ≥ 35 associée à au moins une comorbidité susceptible d’être améliorée après la chirurgie (notamment maladies cardiovasculaires, apnée du sommeil, troubles respiratoires sévères, désordres métaboliques sévères, en particulier diabète de type 2, maladies ostéo-articulaires invalidantes).

Comparée au bypass gastrique la sleeve gastrectomie permet une perte de poids similaire mais avec un moindre risque de carences et de complications à long terme. Elle est pour nous l’intervention à proposer en premier lieu dans la majorité des cas.

Les avantages

  • L’absence de matériel étranger,
  • Un bon confort alimentaire,
  • Pas de risque de carence du fait de l’absence de court-circuit,
  • Pas de blocages alimentaires.
  • Risque opératoire très faible.
  • Complications chirurgicales à distance très rare.
  • Suivi médical très simple.
  • Amélioration très importante d’un diabète II, d’hypertension artérielle, d’un trouble métabolique

Les inconvénients

  • La Sleeve gastrectomie n’est pas réversible du fait de la gastrectomie.
  • Après 5 à 7 années, l’estomac peut se distendre de nouveau, ce qui expose à une reprise du poids si le comportement alimentaire et le mode de vie n’ont pas été modifiés grâce à un suivi pluridisciplinaire (nutrition, mental, reprise d’une activité physique) après l’intervention. 
  • Les complications post-postopératoires peuvent nécessiter des soins longs en fonction de la gravité de la complication et de l’état du patient. 
  • Supplémentation à vie en vitamine B12 comme après toute gastrectomie

La chirurgie

Le patient entre la veille ou le jour de l’intervention.
Le patient doit respecter un jeun de au moins 6 heures avant l’intervention.

Recommandations préopératoires

  • Faire une douche corps et cheveux avec de la Bétadine et se badigeonner l’abdomen d’un antiseptique avant de se rendre à la clinique.
  • Bas anti-thrombose à porter le jour de l’hospitalisation.
  • Ordonnance fournie le jour de la consultation pré-opératoire.

Intervention

La sleeve gastrectomie est quasiment toujours faite par coelioscopie opération sous anesthésie générale et avec l’aide d’une caméra avec de petites incisions allant de 5 à 15 mm, parfois moins). Il peut arriver, exceptionnellement, que l’opération soit faite par une incision classique (laparotomie), soit que cela soit prévu avant l’opération soit que cela soit décidé pendant l’opération par le chirurgien devant l’apparition de difficultés (tissus collés entre eux par des interventions précédentes le plus souvent). Vous entrerez la veille ou le matin de l’opération. L’opération elle-même dure entre 1h et 4h, en fonction de l’expérience de l’opérateur, de votre poids, de l’existence d’opérations précédentes sur l’abdomen. Il faut ajouter environ une heure d’anesthésie en plus pour l’installation et la désinstallation.

Période post opératoire 

La période qui suit l’opération (période post-opératoire) nécessite une surveillance attentive. La grande majorité des complications survient pendant les 48 premières heures postopératoires. Une ré-intervention en urgence peut être nécessaire si une complication est suspectée. Dans les jours qui suivent les tuyaux éventuellement mis (sonde dans la vessie, sonde dans l’estomac, drain sortant du ventre, perfusion) seront progressivement retirés et vous serez progressivement réalimenté.

Le patient se lève quelques heures après l’intervention. Il est autorisé à boire dès le soir si les paramètres de surveillance sont corrects. La douleur est en règle minime après intervention et est parfaitement contrôlée par des antalgiques simples.

La durée d’hospitalisation est normalement de 2-3 jours et en France varie entre trois et sept jours suivant les équipes et en l’absence de complications.

 Il est essentiel pour votre confort et votre confiance de bien suivre les conseils alimentaires donnés par le chirurgien, les diététiciennes et les infirmières. Il faudra vous alimenter de façon semi-liquide puis solide, calmement, lentement, ne pas boire en mangeant et bien mâcher quand vous introduirez les solides. Un programme ou des conseils de développement de votre alimentation vous seront remis par la nutritionniste. Après ce contrôle, le patient peut quitter la clinique si son état le permet.

Prescriptions à la sortie

  • Une ordonnance pour les soins de cicatrices
  • Ordonnance pour quelques jours d’antalgiques et d’un médicament protecteur de l’estomac pour une durée de 6 mois
  • Anticoagulants une injection par jour en prévention du risque de phlébite.
  • Arrêt de travail de 3 semaines en fonction de votre état général et de la pénibilité de votre activité professionnelle.  Au bureau des sorties, l'assistante vous remettra un "bulletin de situation" daté du jour de votre entrée au jour de votre sortie de l'établissement de soins. Il représente l'arrêt de travail pendant votre hospitalisation
  • Un programme détaillé pour la reprise progressive de votre alimentation
  • Consultation un mois après l’intervention puis tous les 3 mois.

Les complications post-opératoires

Complications précoces

Complications propres à la réalisation de la Sleeve gastrectomie
  • La fuite sur les sutures digestives appelées fistules. Pour réaliser la gastrectomie partielle, l’estomac est agrafé sur environ 20 cm de haut. Il y a un risque de fuite sur cet agrafage ce qui peut provoquer un abcès voire une péritonite. Cela justifie une surveillance étroite pendant votre hospitalisation. Cette complication peut aussi arriver pendant quelques semaines après l’opération. Un suivi médical régulier doit donc être effectué. Le respect scrupuleux des consignes de réalimentation contribue à réduire ce risque. La survenue d’une fuite (fistule) après sleeve gastrectomie nécessite généralement des traitements longs, qui peuvent se compter en semaines et nécessiter des gestes techniques sous anesthésie générale voire une réintervention.
  • L’hémorragie sur les sutures Comme dans toute opération il existe un risque de saignement (hémorragie), qui justifie une surveillance étroite et des prises de sang dans les premiers jours. Une réopération et/ou un traitement médical (transfusion sanguine) pourront être nécessaires suivant la gravité.
  • La création d’un estomac trop étroit empêchant une alimentation correcte est aussi possible mais très rare. Exceptionnellement, une autre intervention sera nécessaire pour régler ce problème.

Ces complications nécessitent souvent une réintervention par laparoscopie en général, parfois en ouvrant le ventre. Elles peuvent nécessiter des soins longs en fonction de la gravité de la complication et de l’état du patient. La mortalité liée à l’intervention est de 0.2%

Complications générales

Liées à toute chirurgie. On retrouve la phlébite, l’embolie pulmonaire et l’infection.

Complications à distance
de l’intervention

À la différence de l’anneau gastrique, les complications sont rares à distance.

  • Carences nutritionnelles sont rares mais ont été décrites. Elles sont prévenues par le suivi.
  • Reflux gastro œsophagien, qui se traduit par une sensation de brulure au niveau de l’estomac et de remontées acides. Il s’agit d’une complication fréquente de la sleeve (20%)
  • Lithiase biliaire : l’amaigrissement favorise l’apparition de calculs dans la vésicule biliaire. Ces calculs peuvent donner lieu à des complications sévères nécessitant un traitement complexe. Une échographie à la recherche de calculs vésiculaires peut être réalisée en cas de douleurs. En cas de lithiase vésiculaire une intervention d’ablation de la vésicule vous sera proposée à titre préventif. Il sera donc nécessaire de revoir votre chirurgien.

 

Le suivi après la chirurgie

Il est fortement recommandé d’avoir un suivi après ce type d’intervention. Il s’agit d’un engagement moral entre le patient et l’équipe. Le patient garde bien sûr le choix de changer d’équipe pour son suivi.
Une consultation avec le médecin nutritionniste si possible tous les trois mois et au minimum tous les 6 mois. Le but de ces consultations est de détecter les carences nutritionnelles. Dans le temps, la consultation peut se faire avec une fréquence annuelle.
Appel du service en cas de problème, surtout en cas de douleur ou de vomissements importants.

L’alimentation

L’intervention est encore très proche, Il est indispensable de ne pas « forcer » le système, ce qui pourrait compromettre son efficacité dans les mois qui suivent.

Mangez et buvez toujours très lentement

1er Jour

1er jour après l’intervention : un peu d’eau après accord du chirurgien.

Les 2 jours suivants

Les 2 jours suivants :
uniquement des boissons.
Eau Thé (sucre possible) Tisane (sucre possible) Bouillon
A éviter : jus de fruit, café, lait
 

Les 3 jours suivants

Les 3 jours suivants :
boissons + alimentation un peu plus consistante.
Rajouter : Soupe Compote Produits laitiers allégés à pâte molle Yaourt Possibilité de jus de fruits, café, lait

Les 4 jours suivant

Les 4 jours suivants :
tous aliments mixés.

Ensuite, vous pouvez manger de tout, en mastiquant bien la nourriture (3 repas plus 2 collations) Nous vous conseillons de mixer ou mouliner la viande pendant un mois. Le premier mois va vous permettre de vous habituer à votre nouvel estomac. Mangez très lentement, car il ne faut pas forcer le petit estomac, qui est en train de cicatriser.

Après le premier mois

Mangez dans le calme à heures régulières

  • Fractionnez vos prises alimentaires en trois repas (et éventuellement une ou deux collations).
  • Variez votre alimentation.
  • Ne mangez que des petits morceaux.
  • Mastiquez longuement, déglutissez plusieurs fois.
  • Prenez le temps d'apprécier votre repas. N'oubliez pas que la digestion commence dans votre bouche.
  • Buvez le moins possible pendant vos repas
  • À l'apparition d'une sensation de satiété, cessez impérativement de manger.
  • Surveillez votre dentition

Une cuillere à café de plus pourrait vous faire vomir. Vous n'avez qu'un mini estomac, ne l'oubliez pas.

Si vous vomissez...

ce qui est une éventualité assez rare avec la sleeve :

  • Soit vous avez trop mangé
  • Soit vous avez mangé trop vite
  • Soit vous avez mangé de trop gros morceaux
  • Soit vous n’avez pas assez mâché
  • Soit vous avez avalé trop vite

Entre les repas

Buvez en dehors des repas souvent, par petite quantité, même sans soif.
Reprenez une activité physique régulière, de loisirs et d'endurance.

L’activité physique régulière la plus simple est la marche : marchez d'un bon pas mais à votre rythme, l'idéal étant 3 fois 30 à 40 minutes par semaine.

Un kinésithérapeute peut vous aider.
Après le premier mois, vous pouvez reprendre le sport sans aucun problème. Respectez des heures de sommeil suffisantes. Faites-vous éventuellement accompagner au niveau ''gestion du stress''.

Faites-vous suivre régulièrement par votre médecin traitant

En plus de votre apport quotidien en vitamines et en oligo-éléments, votre médecin vous incitera à optimiser votre alimentation dans le sens d'un meilleur apport en Fer et en Calcium (éventuellement après un dosage de ces éléments).

Attention également à une éventuelle dénutrition protéique. Si vous n'apportez pas suffisamment de protéines à votre alimentation, vous allez maigrir sur vos masses musculaires, alors qu'il serait préférable de maigrir sur votre gras ou l'eau de votre corps.

Au pire, vous pouvez subir une dénutrition protéinée, avec baisse des défenses immunitaires et une fatigue, une anémie, une sensibilité accrue aux infections.